03.02.2007

Ayet, chuis une star...

... en Suisse Romande!

 

podcast

Lettre posthume, lu le Jeudi 11 Janvier 2007, dans l'émission Journal infime.

 


podcast
L'homme est un homme comme les autres, lu le Vendredi 12 Janvier 2007, au même endroit.

 

Avant, Onestpasbienla, c'était ou , mais j'ai pas réussi à y mettre les extraits d'emission. Alors du coup, c'est un peu le bordel, mais je vais peut-être revenir ranger un peu, plus tard.... 

 

04.01.2007

Ayeeet!

Eh ben voilà. C’est fait.
On a tous réussi à passer 2006.
Finalement. hein. Pas si dur.
Enfin, tous, tous, c’est vite dit.

  Y’en a un, quand même, il a eu beau essayer, au dernier moment, clac ! On passe pas. Non non non, toi, non. Toi, tu restes là.

  Pourtant il avait bien tout essayé pour prolonger son existence. Et va-z-y que je te reconnais pas les tribunaux et va-z-y que de toutes façons, j’ai toujours eu raison et que je te soutiens que ça serait à refaire, ah ben tout pareil. Si. Les cachots, les tortures, les déportations. Si-si. Ah oui. Tout bien. Tout pareil, j’te dis. Quoi ? Oh ben, un p’tit meurtre par-ci par là, y’a quand même pas de quoi faire un génocide… Meuh arrêtez vos conneries, c’est quand même pas des mecs qui massacrent des populations entières sous prétexte que leur dictateur en chef, il aurait caché dans ses placards des armes de destruction massive qui vont me faire la morale ?!

    Tiens, d’ailleurs, tant qu’on en parle, elles ont été trouvées où exactement les armes de destruction massive ? Hein ? Ah bon, c’est toi qui pose les questions, d’accord. Bon ben je ferme ma gueule alors.

  Mais enfin, je suis quand même bien content d’avoir servi les intérêts supérieurs de la nation aussi longtemps. En double effet kiss-cool, en plus. Une première couche quand je massacre, armé par vous et vous débarrassant des opposants. Et une deuxième couche quand vous me massacrez pour préserver la liberté de la planète. Non, sans déconner, bien foutu, le truc. Moi, je m’en fous, ce que je voulais, c’était faire chier le plus de monde possible, j’ai fait comme vous,en fait. Mais à contretemps, quoi.

    Et si ça se trouve, je continue à vous être utile, même dans la mort. En vous organisant pour faire de moi un martyr, vous vous démerdez pour m’éliminer, sans jeter avec l’eau du bain la bonne excuse que je représentais de garder une mainmise militaire sur une région bien trop riche en pétrole pour la laisser incontrôlée.

    Ah ben oui, mais on peut pas se planter tout le temps, non plus, déjà qu’Augusto, vous l’aviez un poil oublié au fond du placard, du coup, au moment du procès, trop tard, il servait plus rien, fallait pas faire pareil avec le Moustachu de l’Euphrate, hein ?! Deuble Iou, là dessus, il a été formel : « Le premier qui m’oublie le Saddam en tôle, il va aller se faire le spring-break au club Ousamma, ça va pas traîner. Ah ben c’est blindé de vierges, peut-être, mais, avant, y’a quand même une ou deux tours à se bouffer dans la gueule, si tu vois ce que je veux dire. Et pis quand t’arrive en cent trente cinq morceaux à assembler, je vais te dire, les gonzesses, elles sont peut-être vierges, mais elles ont peut-être passé l’âge du Rubix-cube, aussi.»

  C’est vrai, ça, personne ne s’est jamais demandé pourquoi, elles restent vierges, les vierges. Eh ben c’est tout con. Tout simplement passque les mecs qui arrivent vers elles, les flambés du crucifix, les allumés de la thora et autres syphonés du turban, eh ben y sont jamais en état de leur faire quoi que ce soit. Sont toujours en p’tit bouts. Explosés contre un avion, une maternelle ou un bus. Alors, forcément, c’est pas par plaisir qu’elles restent vierges, les vierges . Tu penses bien.
Du coup, c’est au moins ça, cette nouvelle coutume. Au moins, après la pendaison, il paraît que t’as la gaule, ce qui me rassure pour les pauvres vierges.
C’est vrai, au bout du compte, y’a pas de raison que ce soit toujours elles qui se fassent….

Ah ben oui.
Non.
Justement.
Hum.
Bon.
Alors.

   Disons, que 2006 n’a toujours pas marqué d’évolution notable quand aux mœurs humaines les plus basses, puisqu’il continue d’être le seul animal à tuer l’autre parce que c’est lui et de ressentir le besoin d’exploser la gueule de son ennemi et de condamner à mort celui qu’il juge pour des faits d’assassinats. Justement.

Allez, Bonne Année.

Fin de la page d'histoire contemporaine comparée. Merci de votre attention. Vous pouvez parler entre vous et vaquer jusqu'à 22h.
Bonsoir.

13.10.2006

Amis de la poesie, bonjour...

Depuis que France Inter est devenue la radio la plus politiquement correcte du PAF, depuis qu’elle a trouvé comme seul sommet possible de l’impertinence Guy Carlier, qui vient de passer une saison chez Fogiel à cirer plus de pompes qu’il n’est humainement possible à un cireur de Bombay durant les dix ans passés alors que sa seule subsistance en dépend, et qui n’a d’autre source d’inspiration lorsqu’il décide de faire dans l’anticapitalisme que de cogner sur J-Marc Sylvestre, journaliste dans la même station que lui, et qui, malgrès un positionnement politique des plus irritant n’est quand même pas non plus ce qu’on a fait de plus intouchable… (quelle impertinence donc, d’aller fustiger le grand capital par l’intermédiaire d’un J-Marc Sylvestre qui ne peut même pas lui répondre !), depuis que la fréquence hertzienne de cette radio s’est donc confondue avec celle de RTL, la valise en moins, depuis cette consciencieuse préparation de la chaîne nationale à l’élection prochaine, pour être sûre d’être –quoi qu’il arrive – du bon côté du manche, depuis tout ça, donc, as tu remarqué comme la programmation musicale s’en est ressentie ?

Non, hein, t’es comme moi de toutes façons, ta radio est réglée dessus par habitude, mais t’écoute plus. Et bien, laisse moi te démontrer à quelle point ladite station tente quand même de nous faire passer un vrai message humanitaire, social, politique, à travers sa prog musicale. Si-si.
Je t’espique : t’as remarqué que tu ne peux ja-mais mettre en route cette putain de radio sans entendre marmonner Vincent Delerm sur une quelconque mélodie vaguement insulaire ? Bon.
Eh ben c’est pas ce que tu crois.

Moi aussi, figure-toi je me suis laissé aller à la répulsion qu’induit immédiatement la première écoute de cet étron culturel. Moi aussi, je m’ai dit à la première minute que c’était bien la peine de s’être foutu de la gueule des 2be3 parce que leurs chansons étaient idiotes si c’est pour en faire des largement aussi con, tout en ne sachant ni danser, ni chanter, et tout en étant quand même nettement moins sexy, hein, faut reconnaître que bon, entre Vincent et Philip, y’en a un des deux tu lui demandes pas de chanter parce que... c’est pas ce que tu lui demandes… et l’autre c’est juste parce que t’as pas envie de l’entendre chanter.
Bref .
Tout ça donc, c’est de la médisance…
Jettons un coup d’œil plus attentionné à ce chef d’œuvre de littérature engagée qu’est :

SOUS LES AVALANCHES.

Sur ta peau les bleus et les brûlures / Sur ton menton les trois points de suture / La cicatrice en haut de ton bras /J’t’aimerais moins si tu les avais pas.
D’entrée de jeu, j’ai envie d’dire, Vincent chapeau bas. Vincent n’y va pas par quatre chemin, Vincent attaque, Vincent prend position. Oui, Vincent a bien connu Marie Trintignant. Et oui, Vincent a été l’amant caché de Marie pendant que celle-ci vivait sa passion avec le beau Bertrand. Du coup Vincent décide aujourd’hui de briser le tabou, et ça, faire une chanson sur la violence conjugale, quand on est un mec, ça c’est du courage. (un peu comme Carlier, tiens.)

Sous les avalanches, / T’es pas étanche / Dans cet igloo / Tu t’cognes partout / T’as pas la dégaine / D’miss Aquitaine / T’as pas l’cerveau / D’la dame avec un chapeau.
Seulement voilà, Vincent ne peux pas continuer de parler de Marie plus longtemps, ça l’émeut trop. Alors, n’écoutant que son courage, il décide de ne pas lâcher l’affaire et de parler d’une autre femme maltraitée et de lui rendre hommage. Bon, sous les avalanches, j’imagine que c’est à cause des coups, sinon, je vois pas le rapport. Vincent reste énigmatique sur la personne à qui s’adresse réellement sa chanson, mais on peut déjà identifier que ses références se situent plus ou moins dans le monde des têtes couronnées, des responsables politiques, peut-être, en tout cas, du gratin, puisqu’il indique tout de suite son admiration pour Elisabeth II, souveraine du Royaume Uni, « la dame avec un chapeau », on reconnaît bien là le côté très british de Vincent et son profond respect pour « the lady ». Il indique aussi que la scène ne se passe pas en Aquitaine, ce qui écarte plutôt les grosses blondes laiteuses de normandie.

Tu f’ras pas d’publicité shampoing / Pour trois millions parce que tu les vaux bien voilà, c’est donc bien ce que je disais. / Tu s’ras pas ambassadrice coco / D’un vieux parfum pour les futures vieilles peaux.
Et on retrouve Vincent le Rebelle, Vincent qu’a pas peur, Vincent tout flamme, Vincent qui n’hésite pas à égratigner au passage l’image de Chanel, dans une griffe réservée aux connaisseurs, puisque « Coco » est bien davantage identifié dans le grand public comme le surnom donné à Jospin par Fabius depuis la révélation de son passé trotskiste, que comme le nom d’un des parfums le plus célèbre de chez Chanel. Enfin bon, on est enculturé ou on l’est pas.

Mais sous les avalanches, / T’es pas étanche / Sur cette banquise / Une tour de pise / T’as pas l’ventre plat / D’miss Albigeois / T’as pas l’cerveau / D’la dame avec un chapeau.
A sa place, je crois que j’aurai été tenté de faire rimer avalanches avec penche, du fait de la proximité de la tour de pise, mais bon. Sans doute une facilité que Vincent déjoue sans même y penser. Tu remarqueras au passage, quand même, la délicatesse de Vincent pour souligner les quelques disgrâces dans la silhouette de la dame en question.
L’enquête progresse, on cherche donc une grosse plutôt brune, avec une jambe plus courte que l’autre et plus conne que la reine d’Angleterre. Poursuivons :

Il y aura encore deux trois arêtes / Des auto tamponneuses dans ta tête
Quelqu’un qui ne crache pas non plus sur la picole, apparemment. En tout cas une habituée des lendemains difficiles. On pourra penser à Véronique Sanson, mais Delerm est trop gentil pour tacler une femme qui va mal à ce point. Et puis, il faudrait qu’il ait un minimum de goût musical et d’oreille pour connaître Véronique Sanson, ce qui est – dieu merci - absolument hors de question.
Des épines des ronces et des orties / Il y aura encore un peu la vie
Ah, là Vincent nous révèle une part intime de la personne mystère, un peu de sa vie sexuelle en quelques sortes ; elle aime donc les aventures rapides et sans lendemain au point de se rouler dans le moindre bout de jardin dès qu’elle en a l’occasion. Soit cette femme est poursuivie de paparazzi, soit elle ne doit absolument pas être vue en compagnie de ses amants. Elle doit avoir un mari ou un papa influent.

Sous les avalanches, / T’es pas étanche / Dans c’bac à glace / Tu cherches une place /
la chanson serait plus récente, je penserais à un hommage aux bébés de Corée, surtout au troisième, qui a dû se tasser à mort dans le congélateur pour trouver une place et puis finalement aller ailleurs. Mais, d’abord ce serait d’un extrème mauvais gout, et ce n’est pas DU TOUT le style de la maison, et puis la chanson était sortie bien avant, alors ça vaut pas, et puis le petit Vincent est bien trop bien élevé pour avoir quoi que ce soit à voir avec cette sordide affaire.

T’as pas trop les g’nous / De miss Anjou / T’as pas l’cerveau / D’la dame avec un chapeau / T’as pas la dégaine / D’miss aquitaine / Pas l’ventre plat / De miss Albigeois / T’as pas les fesses / D’miss Pays d’Bresse / T’as pas l’cerveau / D’la dame avec un chapeau.

Nom de Dieu.

Cher lecteur, mon ami, mon frère, mon camarade, l’heure est grave, accroche toi à ta chaise, éteins la lumière et serre les fesses. Je viens de comprendre. Le message de Vincent est de la plus haute importance. J’avais négligé un détail qui pourtant est là, tout au long de ce magnifique texte digne d’un « J’accuse ». L’Anjou, l’Aquitaine, L’Albigeois, Le Pays de Bresse, L’Angleterre, L’Italie, le Groenland, même (quoi ?…ben si, les igloos !) Tout converge vers une seule et même piste, et là c’est du lourd, c’est de l’info de chez Tintin Reporter, et on dit merci Vincent. Regarde :
Une grosse moche, de guinguois, qui voyage beaucoup, plutot brune, sexuellement un peu hyperactive, mais qui a quand même pas trop la mégaclasse d’Elisabeth II et qui doit se planquer d'un mari violent et très en vue.
Oui.
Tu y es aussi.
C’est énorme : Nicolas Sarkozy bat Cécilia. Il la cogne, mais Vincent (oublie ce que je t’ai dit sur Marie Trintignant c’était des conneries) l’aime telle qu’elle est. Il l’aime même avec les - et peut-être grâce aux- traces de coups qu’elle porte.
Vincent fait d'une pierre deux coups (si je puis me faire mettre permettre) il dénonce la violence et revendique publiquement son orientation fétichiste.
Heureusement qu’il y a des artistes engagés comme lui, qui n’ont pas peur de parler.

Car la sexualité est le lieu premier des tentations normatives.
Et la violence conjugale tue, en France, 8 femmes par mois.

Merci Vincent.