22.10.2007
Ils ont fumé Guy Moquet.
C'est marrant la com'.
Tu balances un nom, un truc et hop, un jour, y'a de l'écho. Un truc médiatique. Tout le monde l'a dans l'oreille. Ça peut être n'importe quoi. Même un truc à la con. A partir du moment où tu le fais bien passer. Où tu choisis le bon moment. Il a bien compris ça, Nicolus 1er.
Tu peux même faire un clip. Avec Jean-Baptiste Maunier.Tu le déguise en Guy Môquet, tu lui fais enregistrer la lettre en plusieurs prises, tu lui dis des trucs genre "il y a de très belles choses dans la glotte", et hop! Dans la boite. Et pi après tu diffuses un making-of sur la chaîne parlementaire. Même tu pourrais montrer comment t'as fait pour que les cheveux de Jibé y soient plus genre en bataille comme Guy et pas tout plat comme des cons de cheveux de Maunier. (authentique, et vu sur La Chaîne Parlementaire...)
...
Je te raconte un truc, mais tu le répètes pas, d'accord?
Y'a longtemps, dans un pays occupé. Tout occupé. Tout? Non! Seule une bonne moité du-dit pays est occupé. L'autre moitié, elle, a choisi de collaborer et s'est donc soumise, ce qui règle la question de l'occupation et simplifie bien les choses.
Certains citoyens et certaines citoyennes n'acceptent pas vraiment cet état de fait. Alors ils deviennent des "résistants". (je le mets entre guillemets, parce que quand t'es résistant, c'est souvent selon tes amis et tes sympatisants. Il arrive que pour le camp d'en face tu sois un "terroriste"... je dis ça, c'est au cas où ça te serve, hein, te sens pas obligé, non-plus.)
Donc, des résistants.
Nombre d'entre eux sont communistes.
Personne n'est parfait, mais rassure toi, y'en a aussi qu'on envahi l'Afghanistan ou la Pologne.
Bref.
En 1941, y'a des communistes parmi les résistants, et aussi parmi les prisonniers, du coup.
Enfin, faut s'entendre sur le terme de communistes, vu que le parti est interdit par la République Française depuis 1939.
C'est sans doute ce qui explique aussi que, lorsque l'occupant veut organiser des représailles suite à un attentat sur l'un des siens, la police dudit pays se charge de fournir une liste de militants communistes (qu'elle a elle même arrêtés d'ailleurs) afin que ces derniers soient exécutés.
T'y crois, toi que quand on retrouve le nom d'un de ces résistants ce soit pour en faire le porte drapeau d'une jeunesse patriotique, paternaliste, soumise à l'autorité d'un Etat? T'y crois qu'on la fasse lire dans les écoles, la lettre qu'il écrit à la veille de son exécution? T'y crois qu'on insiste sur:
- s'adressant à son père "sache que j'ai fait au mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée"
- et à propos de son frère" qu'il étudie bien pour être plus tard un homme " ?
T'y crois qu'on en fasse un symbole de la Nation, Fière et Belliciste protégeant sa petite maman contre l'envahisseur étranger d'outre-(méditer)rhin(ée)?
Alors que c'était "juste" un ado antifasciste, lutant contre l'occupation nazie, et contre la france collaborationniste, contre la france de "Travail-Famille-Patrie", contre la france qui regarde de travers l'arabe du coin.
Un ado qui devait chanter "prolétaires de tout pays, unissez-vous" le matin en se rasant.
Pas la marseillaise.
Fût-elle chantée par Mireille Mathieu.
Perso, je préférais quand on leur lisait ça aux gamins pour leur causer de guerres dans l'Histoire:
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
(T'auras reconnu Le Dormeur du Val, d'Arthur Rimbaud)
Fin de la page d'histoire contemporaine comparée.
Merci de votre attention.
Vous pouvez parler entre vous et vaquer jusqu'à 22h.
Bonsoir.
(Les données historiques citées dans cette note sont consultables, riches et pertinentes sur http://cvuh.free.fr/spip.php?article131 )
08:00 Publié dans La Page d'Histoire Contemporaine Comparée | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, guy mocquet
04.01.2007
Ayeeet!
Eh ben voilà. C’est fait.
On a tous réussi à passer 2006.
Finalement. hein. Pas si dur.
Enfin, tous, tous, c’est vite dit.
Y’en a un, quand même, il a eu beau essayer, au dernier moment, clac ! On passe pas. Non non non, toi, non. Toi, tu restes là.
Pourtant il avait bien tout essayé pour prolonger son existence. Et va-z-y que je te reconnais pas les tribunaux et va-z-y que de toutes façons, j’ai toujours eu raison et que je te soutiens que ça serait à refaire, ah ben tout pareil. Si. Les cachots, les tortures, les déportations. Si-si. Ah oui. Tout bien. Tout pareil, j’te dis. Quoi ? Oh ben, un p’tit meurtre par-ci par là, y’a quand même pas de quoi faire un génocide… Meuh arrêtez vos conneries, c’est quand même pas des mecs qui massacrent des populations entières sous prétexte que leur dictateur en chef, il aurait caché dans ses placards des armes de destruction massive qui vont me faire la morale ?!
Tiens, d’ailleurs, tant qu’on en parle, elles ont été trouvées où exactement les armes de destruction massive ? Hein ? Ah bon, c’est toi qui pose les questions, d’accord. Bon ben je ferme ma gueule alors.
Mais enfin, je suis quand même bien content d’avoir servi les intérêts supérieurs de la nation aussi longtemps. En double effet kiss-cool, en plus. Une première couche quand je massacre, armé par vous et vous débarrassant des opposants. Et une deuxième couche quand vous me massacrez pour préserver la liberté de la planète. Non, sans déconner, bien foutu, le truc. Moi, je m’en fous, ce que je voulais, c’était faire chier le plus de monde possible, j’ai fait comme vous,en fait. Mais à contretemps, quoi.
Et si ça se trouve, je continue à vous être utile, même dans la mort. En vous organisant pour faire de moi un martyr, vous vous démerdez pour m’éliminer, sans jeter avec l’eau du bain la bonne excuse que je représentais de garder une mainmise militaire sur une région bien trop riche en pétrole pour la laisser incontrôlée.
Ah ben oui, mais on peut pas se planter tout le temps, non plus, déjà qu’Augusto, vous l’aviez un poil oublié au fond du placard, du coup, au moment du procès, trop tard, il servait plus rien, fallait pas faire pareil avec le Moustachu de l’Euphrate, hein ?! Deuble Iou, là dessus, il a été formel : « Le premier qui m’oublie le Saddam en tôle, il va aller se faire le spring-break au club Ousamma, ça va pas traîner. Ah ben c’est blindé de vierges, peut-être, mais, avant, y’a quand même une ou deux tours à se bouffer dans la gueule, si tu vois ce que je veux dire. Et pis quand t’arrive en cent trente cinq morceaux à assembler, je vais te dire, les gonzesses, elles sont peut-être vierges, mais elles ont peut-être passé l’âge du Rubix-cube, aussi.»
C’est vrai, ça, personne ne s’est jamais demandé pourquoi, elles restent vierges, les vierges. Eh ben c’est tout con. Tout simplement passque les mecs qui arrivent vers elles, les flambés du crucifix, les allumés de la thora et autres syphonés du turban, eh ben y sont jamais en état de leur faire quoi que ce soit. Sont toujours en p’tit bouts. Explosés contre un avion, une maternelle ou un bus. Alors, forcément, c’est pas par plaisir qu’elles restent vierges, les vierges . Tu penses bien.
Du coup, c’est au moins ça, cette nouvelle coutume. Au moins, après la pendaison, il paraît que t’as la gaule, ce qui me rassure pour les pauvres vierges.
C’est vrai, au bout du compte, y’a pas de raison que ce soit toujours elles qui se fassent….
Ah ben oui.
Non.
Justement.
Hum.
Bon.
Alors.
Disons, que 2006 n’a toujours pas marqué d’évolution notable quand aux mœurs humaines les plus basses, puisqu’il continue d’être le seul animal à tuer l’autre parce que c’est lui et de ressentir le besoin d’exploser la gueule de son ennemi et de condamner à mort celui qu’il juge pour des faits d’assassinats. Justement.
Allez, Bonne Année.
Fin de la page d'histoire contemporaine comparée. Merci de votre attention. Vous pouvez parler entre vous et vaquer jusqu'à 22h.
Bonsoir.
19:30 Publié dans La Page d'Histoire Contemporaine Comparée | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
03.08.2006
Dans un pays fort fort lointain, dans une époque très très lointaine….
On avait tout bien organisé. Les gens s’échangeaient des services, des denrées. Pour ça, ils avaient un moyen neutre. On avait appelé ça l’argent. C’était pratique ça permettait toutes sortes d’échanges. Ça évitait de se demander si on avait donné suffisamment par rapport à ce qu’on obtenait. On avait un prix. Une somme. C’était comme ça.
Une livre de tomates ? 1 brouzouffe et quelques.
Un mois d’habitation à l’abri ? 400 brouzouffes.
Une baguette de pain ? 0,70 brouzouffes.
Du coup, pas besoin de fabriquer 572 baguettes de pain contre un mois d’habitation. Hop, tu sors tes brouzouffes et le tour est joué ! Bon, l’inconvénient, c’est que les brouzouffes, pour les avoir, tu peux pas les fabriquer. Du coup, au lieu de perdre ton temps à fabriquer des baguettes de pain, tu passes ton temps à faire des trucs contre lesquels on te donne des brouzouffes, contre lesquels tu achètes un mois d’habitation, une baguette de pain, une livre de tomate. On a vite pris l’habitude, avec ce système, de déléguer. Chacun s’occupant d’un p’tit bout d’activité, qui lui permettait de gagner ses propres brouzouffes bien à lui. Et d’échanger ses brouzouffes avec ce que sait faire le voisin. Au lieu de perdre son temps à apprendre du voisin comment savoir faire ce qu’il sait, quitte à lui montrer, en échange, comment faire ce qu’on sait faire, soi.
A force de déléguer plein de trucs, on s’était dit, pour les décisions importantes, on a qu’a faire pareil. Au lieu de se tenir informé, de perdre des heures à débattre pour se demander s’il vaut mieux envahir la Pologne ou filer des armes à l’Iran, on a qu’à choisir des gens qui savent, on leur file des brouzouffes pour qu’ils puissent s’acheter un mois d’habitation, une baguette de pain et des livres de tomates et hop, c’est eux qui s’occupent.
Pour les choisir, on organisait une sorte de grand marché. C’est l’épicier qu’en avait eu l’idée. Chacun exposait pourquoi il était bien placé et intelligent, et comment il comptait s’y prendre pour prendre des décisions à notre place et puis, on choisissait, comme ça, en mettant les noms dans des boîtes.
A la fin on comptait les noms et celui qui en avait le plus avait le droit de décider. Comme c’était anonyme, il décidait pour tout le monde. Pas seulement pour ceux qui avait dit son nom. Les autres, ils avaient perdu, tant pis. Mais ils conservaient le droit de dire qu’ils étaient pas d’accord, qu’ils avaient de meilleures idées, mais c’était trop tard. Alors, ils expliquaient ça au bistrot du coin, parmi les joueurs de billard et les buveurs immodérés qui venaient donner 3 brouzouffes pour 25 centilitres de houblon fermenté avec un peu d’eau.
Du coup ceux qui décidaient, avaient un emploi du temps chargé. Ils couraient de réunion en conseil, de brainstorming en débriefing, de déjeuner de travail en dîner de colloque.
On avait aussi délégué la notion de paix. On avait fait des gardiens pour ça. Comme ça si quelqu’un se comportait d’une manière inopportune, on appelait les gardiens de la paix qui lui disaient que c’était pas conforme et on était bien tranquille. On leur avait filé des armes aussi. Oui, parce que on s’était aperçu que ça calmait vachement plus vite les inopportuns. Après tout, c’était des gens qui avaient fait le choix de veiller sur leurs concitoyens, donc supposément assez éclairés pour faire un usage essentiellement dissuasif de leurs armes, avec déontologie, mesure et respect.
Un jour, dans ce pays fort fort lointain, dans cette époque très très lointaine, un qui décidait avait une réunion-dîner. En montagne. Avec des qui décidaient dans la montagne. Au même moment, dans la même montagne, un inopportun avait décidé de voler une voiture. (on appelait voler le fait d’utiliser un truc sans avoir donné de brouzouffes avant, et sans avoir demandé). Les gens de la paix, jugeant la paix gravement menacée on voulu arrêter l’inopportun. Qui se rapprochait du lieu du dîner. Du coup, il a fallu tirer. La paix était vraiment trop menacée. D’ailleurs l’un des gens de la paix déclarait après les faits sur la radio du pays : « ce qui importait c’était que le dîner se déroule bien ».
Le 29 Août 2006, à Sallanches, Savoie, France, la gendarmerie a fait feu sur un voleur de voiture au volant du fruit de son dernier larcin, au motif qu’il s’approchait de trop près du lieu ou Dominique De Villepin prenait son déjeuner en compagnie d’élus locaux.
Le gendarme interviewé sur France Inter à ce propos déclare que l’individu est blessé, mais pas par balle, mais que tout va bien puisque de toute façon le but était que le déjeuner se déroulât bien.
Fin de la page d'histoire contemporaine comparée.
Merci de votre attention. Vous pouvez parler entre vous et vaquer jusqu'à 22h.
Bonsoir.
03:15 Publié dans La Page d'Histoire Contemporaine Comparée | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
31.12.2005
Réquisition.
C'est avec un plaisir non dissimulé, cher lecteur, cher lectrice que je me propose aujourd'hui de t'enculturer encore un peu plus profondément, en réaction à un flash info de pas plus tard que y'a pas longtemps, c'est à dire ce matin, vers midi du matin. Et je te propose donc, avant que je ne t'enculture, de te pencher un peu, oui, voilà comme ça, sur le terme de Réquisition. Mais d'abord, laisse moi t'expliquer (c'est vrai, ça, c'que tu peux être impatient-e, c'est fou, laisse moi parler, enfin!) le contesste:
A cette heure, ce jour même, donc, à peine sorti du lit, tel une beauté que l'on viendrait d'arracher... à son plumard. (j'ai l'haleine fraîche des petits matins (si, midi, pour un samedi, c'est un petit matin), le teint humide, l'oeil brillant, le poil rosé et la truffe vive.) Je me lève et je ne bouscule personne à part le chat, qui ne se réveille pas, comme d'habitude. (Peut toujours se gratter pour que je remonte le drap, tiens !)
N'écoutant que mon courage, je décide donc de faire chauffer de l'eau pour un thé, et j'allume la radio.
C'est pas pour me vanter, mais c'est ce moment précis qu'a choisi monsieur France Inter pour faire son flash plein de bips pour te dire que c'est l'heure et de filles nues qui présentent la météo ou alors c'était le chat qui passait devant les baffles.
Et là, qu'ouis-je ? Qu'acousticai-je ? Quoi?
Cette nuit la préfecture du truc pas loin de Bordeaux, là. Oui, celle-là. Et béh cette nuit elle a REQUISITIONNE DES LOGEMENTS !!!
J'étais à deux doigts de la bouteille de champ', quand une sorte de conscience professionnelle, dont la présence à cette heure là de l'année était plus qu'improbable mais bon, me poussa à écouter la suite désinformation.
Il faut savoir, ami-e lect-eur-rice, que dans ce pays, depuis le 29 Juillet 1998, existe une loi dite « de lutte contre les exclusions ». (sissi, je te jure, ça fait huit ans qu'on lutte contre les exclusions et qu'on a des lois pour ça... ça te fais plaisir non ? Tu vois bien que tu payes pas des impôts pour rien.)
Dans cette loi, donc, il est prévu que les préfets puissent réquisitionner des logements vacants, ou des locaux vacants, dans le but de mettre à l'abri ou de venir en aide à ceux qui n'en ont pas, d'abri, justement. Et depuis 98, les préfets n'utilisent pas cette prérogative.
C'est « compliqué » paraît-il de pouvoir réquisitionner des logements. Plan froid ? Non, non, on voit pas de quoi vous parlez. Spéculation immobilière ? NOOOOOON ? Ici ? Vous divaguez, vous faites le jeu d'un discours idéologique, extrémiste et gauchisant, visant à l'assistanat et non à l'autonomie... etc.
Je t'en fais pas plus, ton estomac a déjà été suffisamment brassé par ton réveillon pour ne pas en rajouter dans la nausée.
Et puis cette nuit, la complexité du truc est d'un coup devenue moins insurmontable, en tout cas à Bordeaux.
Et ben là, moi, je dis, chapeau, champagne, y'en a un qui a trouvé le moyen de mettre en application ce truc aussi compliqué que de dire :
« -Je suis préfet, je représente l'Etat en région, ces locaux son vacants, je les réquisitionne et j'ordonne leur mise à disposition pour ceux qui, sans ces abris seraient contraints de dormir dehors. »
Compliqué, en effet.
Je te disais donc que j'étais à deux doigts de la bouteille de champ quand le présentateur et le chat ont développé la suite de leur flash. (t'avais raison, finalement, les filles étaient parties.)
Et c'est là que mon thé a pris un goût acide.
La préfecture du truc vers Bordeaux, là.
Elle a réquisitionné parce que la SNCF avait plein de clients coincés dans un TGV en panne à cause de la neige.
Tu comprends ?
Des gens qui votent.
Qui consomment.
Des Clients de la SNCF.
Pas des gens à la rue.
Pas la loi de 98.
Dont le texte va continuer à prendre la poussière sur une étagère. Dans les bureaux du dernier des sous-préfets. Celui qui a été placé là parce que Papa ou Maman ou le chef du bureau d'à côté, ou le patron de l'entreprise qui a fait les travaux de constructions de la piscine du préfet ou de ravalement de façade de la SNCF... etc.
Combien sont payés ces gens (avec ton pognon, je te rappelle) qui ne sont même pas foutus de souffler sur un texte de loi déjà existant ? Tout prêt. Y'a même pas à réfléchir, y'a juste à appliquer.
Moi, je dis que si c'est pour faire cet usage là du pognon qu'on leur donne, j'ai un pote qui hésiterait pas à leur faire visiter un échafaud.
Et pi il aurait pas tort.
Voilà. Allez, Bonne Année.
Fin de la page d'histoire contemporaine comparée.
Merci de votre attention. Vous pouvez parler entre vous et vaquer jusqu'à 22h.
Bonsoir.
15:05 Publié dans La Page d'Histoire Contemporaine Comparée | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.11.2005
Eh didon, eh alors, bon, alors voilà. Bon. Alors oui. Non, attends. Ouais. Eh. Faut que j’te dise...
Il parraitrait qu'à c'qui parraît, y'a des bagnoles qui brûlent en banlieue.
Si.
Eh, ben c’est pas étonnant, j’vais t’dire. Avec l’augmentation du prix du gaz, faut bien qu’ils se chauffent, les pauvres. Eux, quand ils se sont installés, on leur a dit (y’a longtemps, hein, pas ceux qui sont là aujourd’hui et qui courent en survet avec des capuches passque le vent ça fait froid aux oreilles quand on court vite et qu’on n’a pas de cheveux, non, pas eux, leurs
grands parents. Sissi, ceux qu’on avait été cherché quand on avait besoin de main d’œuvre souriante, pas chère et que déjà ils sont bien contents d’être en France, alors ils vont pas en plus nous briser les meules avec une clé de douze si ils sont entassés dans des T2 pour huit ou dans des Sonacos pour un... (je fais des longues parenthèses si je veux, c’est un blog c’est pas un manuel de grammaire) (et je t’emmerde)
(et arrête de m’interrompre sinon, ça va encore faire trois pages et en plus je sais plus où j’en étais)
Bon.
Ah oui.
Alors, quand ils sont venus, donc, on leur avait dit : regarde la belle barre d’immeuble avec tout le confort moderne, tu vas être super bien là dedans, avec ta femme et tes gosses, quand on leur donnera l’autorisation de venir te rejoindre. Oui, bon ben ça va, on a compris, ils sont loin, tout ça, c’est dur la vie tout seul, mais mon pti Momo, il est temps que tu t’assumes, maintenant, grand garçon. Hop. Pas besoin d’une femme à la maison, hein… Et pi quoi l’amour ? dis donc, tu crois que je te paie une piaule dans ce luxueux foyer pour jeunes travailleurs - wc sur le palier - douche sur le palier - cuisine sur le palier, et ce pour la modique somme de la moitié de ton salaire, tout ça pour que tu passes ton temps à baiser, saligaud ? Non mais des fois.
Des bêtes, j’vous dit.
Hum. Reprenons.
Au commencement, donc, était le foyer Sonacotra. Simple et de bon alois. (moi non plus, je comprends pas, mais c’est joli, non ?) Puis vint la barre d’immeuble. Avec son confort et ses recommandations : tu prends le gaz pour te chauffer, s’teuplé, c’est moins cher, et pi j’te rappelle que l’arrivée en lignes hautes tensions pour tout le monde, c’est toi qu’est en train de les poser dans le XVI°, alors le temps que ça arrive à Clichy, j’t’explique, t’as qu’à bosser plus. Hop. Donc, au gaz tout le monde. (... oui... je ne parle QUE du chauffage... étudiant en Histoire à Lyon3, tu peux passer ton chemin, je ne vais pas t'entretenir des bienfaits du Troisième Reich sur le développement des techniques de fabrication de canalisations de gaz étanches... aucun intérêt, donc.)
Tout allait bien jusque là. L’équilibre était respecté, le gaz en banlieue, l’EDF chez les bourges, le travail à Clichy, le pognon à
Paris. Voilà. Seulement, un beau jour de 2005, alors que répétons-le, TOUT ALLAIT POUR LE MIEUX PARTOUT, paf, le choc. LA nouvelle, LE TRAUMATISME : le prix du gaz allait augmenter de plein de pourcents. D'un coup. Aussitôt un vent de panique s’empare du sous-bois : tout le monde sent que la faim est proche : sans gaz, ou avec un gaz trop cher, comment se chauffer, se laver, faire cuire les aliments, comment manger même, (tu vois bien que la faim est proche… bon d’accord, j’insiste pas, mais t’es sûr que l’as bien comprise, celle-là, parce que moi je l’aime vraiment bien, la faim, la fin, tout ça… lourd ? moi ?… bon d’accord.)
De détresse, deux jeunes gens, décidant de tenter le tout pour le tout, se jettent dans un transformateur électrique, espérant par là comprendre son fonctionnement et trouver rapidement une énergie de substitution pour toute la communauté. Hélas, c’est le drame. Peu aguerris au fonctionnement complexe d’un tel trésor de la technologie occidentale, ces enfants (occidentaux que depuis quatre générations,donc), périssent en tentant de raccorder le transformateur à l’installation de chauffage du foyer Sonacotra (oui, ben, fallait bien les reloger le temps qu’on détruise cette affreuse barre d’immeuble qui gâche le paysage des résidences de standing de la colline d’en face. Voudrais t’y voir, toi.)
A partir de ce jour, déçus, peinés, le cœur en lambeaux, et les pieds gelés, les habitants de Clichy-sous-Bois et bientôt d’autres banlieues tentent de se réchauffer comme ils peuvent, et avec ce qu’ils trouvent. Le tout dans une ambiance somme-toute assez bon enfant.
Tout autre tentative d’explication de ces feux ne serait que pure manœuvre politicienne de déstabilisation de la république en général et de son ministre de l’intérieur en particulier. Faites gaffe, j’ai les noms)
Fin de la page d’histoire contemporaine comparée. Merci de votre attention, vous pouvez parler entre vous et vaquer jusqu'à 22heures.
Bonsoir.
05:05 Publié dans La Page d'Histoire Contemporaine Comparée | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


